et si la timidité n’était pas un défaut à corriger mais une manière d’être à revendiquer ?

▲ Prise de paroles lors du cycle de conférences sur des compétences para-professionnelles organisé par la CAE Azelar ▲ 25/09/2025

"L’éthique introvertie prône la fuite, l’abstention, le refus implicite, la résistance passive, l’inaction obstinée, afin que toute ambition de la suprématie extravertie échoue. "

Être entrepreneure et timide, la plaie.

La timidité est vue comme un défaut, cela peut être un frein pour beaucoup d’entre nous et une source de souffrance quand le monde du travail et la société en générale valorise les extraverti•es, les grandes gueules.  On a souvent l’impression de devoir se forcer à « sortir de nous-mêmes » , mimer les personnes qui prennent de la place et qui parlent fort, pour ne pas disparaître totalement aux yeux du monde. 

Comment, dans un cadre professionnel, faire de sa timidité une composante à part entière ? Comment ne pas reproduire les comportement de domination associés au pouvoir, et faire de la timidité une manière de s’empouvoirer ?

I’M NOT SHY, JUST NOT KIND

Timides, nous ne sommes pas vraiment des symboles de puissance, et pourtant. Nous sommes plus fortes que ce que l’on croit. «I’m not shy, just not kind», est un slogan que j’ai imaginé pour rompre avec cette idée qu’une personne timide était une chose fragile et n’avait pas d’avis à soi.

Sur le ton de l’humour bien sûr, cette phrase dit : « tu penses que j’ai peur de te parler alors que c’est juste que je ne t’aime pas », elle inverse d’un coup le rapport de force qui peut se jouer dans les rapports sociaux.

 

En tant que timide (bien qu’il conviendrait de parler d’un SPECTRE de la timidité), nous avons dû nous nous faire violence pour les choses les plus basiques comme dire bonjour ou au revoir. En s’enlevant cette pression (filer à l’anglaise, un art de vivre), nous gagnons en force pour les choses qui comptent vraiment. Nous avons un énorme potentiel de combattant, de revanche sur la vie, que nous pouvons mettre au service de ce que nous voulons. Nous avons la capacité de parler devant des amphithéâtres pleins, d’animer des groupes, d’être leader sur des projets, de parler à la radio, et d’aller chercher la médaille dont nous avons toujours eu envie… si nous en avons envie.

Mais assumer le refus, le retrait, est aussi un acte qui peut être vu comme profondément politique. Refuser le théâtre permanent de la performance sociale, trouver des manières de relationner qui nous conviennent mieux, et refuser d'être toujours disponible.

Au spectaculaire, à l’imposant, au central, nous répondons par la faible intensité, le diffus et le contre-temps. Nous sommes un groupe inadapté parcourant des réseaux asociaux. Nous ne voulons pas nous imposer. Nous préférons ne pas nous intégrer. Nous nous retirons. » 12 tracts par la maison d'édition des timides.

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